Je voudrais évoquer aujourd'hui un sujet qui à vu le jour exactement la nuit dernière. La nuit ? Oui en ce moment je travaille de nuit.

Ma collègue et moi avons vécues une mésaventure quelque peu désagréable dans notre métier. Mésaventure qui nous arrive chaque jour, mais jamais à cette échelle.

On parle souvent du respect, du droit du patient, ainsi que de son droit à porter plainte. D'ailleurs sachez que porter plainte contre un hôpital, un médecin, ou une infirmière devient chose courante à notre époque. Nous ne sommes pas loin des Etats-Unis ou des plaintes fuses pour parfois trois fois rien mais aussi pour des choses bien plus sérieuses & fondées. Un droit reste un droit. Et lorsque manquemant il y a, je ne peux qu'approuver cette démarche.

Quand on recherche dans la litératture sur le sujet de la plainte en milieu hospitalier, vous remarquerez aisément que dans 99.9% des cas on parle de patient qui porte plainte pour diverses raisons. Et je vous assure que des raisons il y en a pour tous les goûts. Volontairement ici j'occulterais les plaintes sérieuses qui demandent la participation de médiateurs, allant jusqu'au procès. En 13 ans, j'en ai connu une seule.

Non ici je parlerais de ces plaintes diverses telles que : l'infirmière n'a pas fait ceci, l'infirmière n'a pas fait cela, "on a oublié de me dire que...", ou bien simplement "on ne m'a jamais dit" ( la phrase préférée des patients), ma plaie est infectée parcequ'on a pas bien fait mon pansement ... je ne sais pas si vous voyez ou je veux en venir. L'infirmière à parfois bon dos. Mais le médecin en prend parfois aussi pour son grade, mais c'est beaucoup, beaucoup plus rare, croyez-moi !

Bref! j'ai du mal à introduire le sujet, car l'histoire que nous avons véçue avec un(e) patient(e) depuis 3 nuits, dépasse l'inimaginable.

Nous avons simplement terminé cette troisième nuit de soins envers cette patiente, en pleurs, avec un sentiment de non respect de nos soins et de notre personne, un sentiment indescriptible tellement nous étions déboussolés & tremblantes. En 13 & 18 ans de carrière nous n'avions jamais vu un comportement de patient tel envers un soignant. Ici pas d'agressivité, pas de coups portés ou de violence verbale, mais plutôt moral.

Je m'excuse ci ce billet est décousu, je l'écris comme je le ressens, sans brouillon. Et j'avoue que porter plainte contre ce patient m'a traversé l'esprit.

Je vais essayer de vous expliquer la/les scènes.

Il y a trois jours, nous admettons un patient pour chute avec fracture du bassin sous traction. L'opération est prévue le lendemain. Un patient d'environ 65 ans. Lors de l'anamnèse, la personne m'indique n'avoir jamais été hospitalisé, ma prise en charge va en dépendre. En prenant en considétation, le stress de cette première hospitalisation. Une arrivée en fanfare la nuit. Il y a de quoi être un peu chamboulé. L'inventaire des médicaments s'avère laborieux, le patient n'étant pas clair dans ses explications. Je demande à ce que le traitement soit revu dès le lendemain avec la famille qui sera présente. Pour ma part, je comprends que la personne soit un peu perdue à 1H du matin et ne sache me transmettre son traitement dans l'exactitude.

A partir de ce moment là, nous allons découvrir un patient non respectieux, parlant de manière hautaine, envoyant des pics blessants et désagréables. Tel une personne capricieuse ( désolé pour ce jugement de valeur, il vous aidera à mieux comprendre la situation véçue) Ce sera alors l'escalade dans le non respect du soignant.

[Je rappelle, et il est important de le savoir, que ce patien n'est pas et n'a jamais été désorienté.]

Les faits ... :

Sonnettes intempestives, parfois à moins de 5 min d'intervalles pour des choses pas toujours claires.

La personne, continente, sonne et nous annonce avoir uriné dans son lit. Chose courante dans notre métier, accident vite arrivé également. Mais la façon et le ton employé pour l'exprimer et demander à être changé nous interpelle et nous blesse. Nous faisons l'impasse sur ce ressenti, c'est notre métier et mettons cela sur le compte de la douleur, & le stress de l'hospitalisation. Nous avons l'habitude de ce genre de situation si bien que nous, soignant avons appris à être empathique , en mettant des barrières à des sentiments qui parfois ne sont peut être qu'un resenti un peu erroné par la fatigue de nuit ou notre vécu personnel. Nous restons toutefois polies & courtoises ( mais sachez que parfois cela est difficile dans ces situations).

La personne nous réclame la panne ( dispositif pour uriner dans un lit) et resonne dans la foulée ne nous laissans pas le temps de faire 10 mètres, et nous ré-adresse une panne vide. Et ce à plusieurs reprises pendant la nuit.

En post opératoire et avec nos collègues d'après midi, le patient présente une hématurie franche & importante ( comprenez du sang dans les urines) les comportements précédents explicant donc peut être cela. Vous comprendrez plus tard que non malheureusement. Le medecin est appelé et met en route des examens ( Examen urinaire= positif ) et un traitement ( Antibiotiques avec lavage vésical nécéssitant une sonde à plusieurs voies).

Deuxième nuit : Nous prenons notre service et le rapport de transmissions nous indique ces faits.

Le patient sonne, et toujours avec ce ton hautain, et dédaigneux, exige qu'on lui retire cette sonde qu'il ne peut plus supporter. Il a constamment envie d'uriner et souhaite aller jusqu'à la toilette. Fraichement opéré d'une prothèse de hanche nous lui expliquerons que cela est dangereux et totalement impossible. Après vérification du dispositif, nous réepliquons la démarche du traitement et compatissons avec le patient, mais que nous sommes bien impuissant face à cela. L'envie constante d'uriner étant un symptôme de l'infection urinaire qu'il subit et se tarira avec le temps et le traitement. Sa pompe à morphine pourra peut être l'aider un peu. Mais cela ne suffira pas à ce patient. Plusieurs sonnettes d'affilés pour exactement les mêmes demandes nous conduirons à rappelez le médecin ( oui parfois quand le médecin explique les choses cela semble avoir plus de poids que les simples propos d'une infirmière).

Après de nouvelles vérifications, le patient semble avoir compris les propos du médecin, les risques liés à sa demande, et surtout l'importance du traitement.

Mais re-sonnera quelques minutes plus tard afin de re-formuler exactement la même demande. Au font, nous sommes désemparés et perdons patience. Ce patient comprend il les choses ? A t'il une pathologie quelconque qui expliquerait un tel comportement ? NON ! Le ton employé pour s'adresser à nous et nous demander les choses ne s'améliore guère. Cependant, nous restons polies & répétons inlassablement notre discours. Nous demanderons, de façon courtoise à ce patient de bien vouloir limiter ses sonnettes si ces demandes restent identiques, car malheureusement nous ne pouvons accéder à cette exigence. Et avons 32 autres patients en demande.

La patience dans notre métier est d'une importance capitale, croyez moi.

L'escalade des choses s'amplifie. Nous le ferait il payer?

Le patient sonne pacequ'il à chaud, nous vérifions sa température et lui proposons d'ouvrir la fenêtre. Accepte mais exige de changer son pyjama, mouillé selon ses dires ainsi que son lit. Nous excécutons en prenant sur nous ce ton qui ne cesse de nous mépriser. Cette demande aura lieu à deux reprises sur une seule nuit.

Sonne de manière intempestive mais dit ne pas avoir sonné ( nous avons fini par suspecter une démarche volontaire).

Troisième nuit :

Ce comportement commence à devenir pesant, & difficilement gérable d'un point de vue émotionnel.Nous sommes désemparés et ne savons plus comment gérer cette situation. Nous avons 32 autres patients à soigner avec deux personnes désorientés qui demandent une surveillance de tous les instants, nous avons des tâches à exécuter en plus de nos soins ; Car oui la nuit une infirmière ne dort pas, contrairement à ce que l'on peut croire.

La troisième nuit suit la lignée des deux autres, mais la fatigue ne fait qu'accroitre nos émotions.

infirmiere-en-pleurs-hopital

Nous terminerons cette 3ème nuit auprès de ce patient, excédées, chamboulées, ennervées, perdues ... Nous n'avons malheureusement plus su gardé notre calme. Ma collègue en pleure et moi au bord de la crise de nerf, les larmes aux yeux. Si bien que fin de nuit, le ton est monté crescendo. :(

Les autres patients de la chambre quand à eux, n'ont pas dormi pendant 3 nuits et ont fini épuisé. Mais nous ont soutenu moralement avec qq mots gentils envers nous. ( Et heureusement.)

Cette situation nous a obligée à nous remettre en question, moi et ma collègue, mais aussi à compléter ce que nous appelons une fiche d'incident indésirable, à TOUT noter dans le dossier afin de nous protéger.

Par ce billet, je m'adresse à toi lecteur, qui sera un jour hospitalisé. N'oublie pas que ceux qui te soignent mérité autant le respect que toi. Et que derrière le bouton que l'on appel sonnette, une personne sé déplace animé de bonnes intentions. Nous sommes infirmière & nous avons le devoir d'empathie envers le patient.

Nous devons :

  • Assurer le continuité des soins
  • Assurer la qualité de ces soins
  • Nos devoirs envers le patient :

Dans l'exercice de la profession, l'infirmier doit tenir compte de ses limites, de ses aptitudes , de sa connaissance, ainsi que des moyens dont il dispose pour répondre aux besoins du patient et lui apporter ainsi une satisfaction.

Il doit donc :

Ø Traiter le malade avec courtoisie, sympathie et bonté,

Ø Administrer scrupuleusement des soins , des médicaments et régimes prescrits par le médecin

Ø Lui donner le confort physique et moral

Ø Ne pas montrer l'impatience (mauvaise humeur)

Ø Etablir une relation de confiance entre lui et son malade

Ø Etre sincère vis à vis du malade

Ø Respecter les convictions religieuses du malade

Ø S'abstenir des affaires privées du malade

Ø Prévenir le malade du coût approximatif des services qui lui sont rendus.

Et le patient envers l'infirmière ? Quels sont ses devoirs ? Quels sont les droits du soignant ?

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